« Keeping up with the Joneses »

La traduction, ça vous balade même quand vous essayez d’être concentrée. Une simple de recherche de vocabulaire, et me voilà transportée dans un autre monde. De la recherche en psychologie aux Comics américains des années 20… le chemin peut paraître tortueux, en réalité c’est une ligne droite !

Traduisant vers l’anglais (pour une bonne cause, je précise) un article de doctorat sur l’approche interactionniste en psychologie (ça a l’air complexe mais c’est passionnant !), je voulais simplement m’assurer de choisir le terme adéquat pour la traduction de « mimétisme » dans la phrase suivante :

« Dans leur article portant sur les capacités de mimétisme, Forbes et al., (2016) disent faire varier l’engagement de l’avatar envers le participant. »

L’excellent base terminologique canadienne, Termium (1) – éminemment plus recommandable que ces simili-traducteurs en ligne qui piochent dans des textes traduits eux-même bourrés d’erreurs – me propose « herd behaviour » pour la finance, « mimetic response », « mimetism » et « mimicry » en psychologie et écologie. Par curiosité, je vérifie aussi pour le terme « mimétisme social » et je découvre l’expression  » keeping up with the Joneses « , que je n’avais jamais entendue avant (ou alors, je ne l’avais pas relevée dans le fil d’une conversation, ignorant sa signification).

Le Cambridge Dictionary éclaire ma lanterne : « to always want to own the same expensive objects and do the same things as your friends or neighbours, because you are worried about seeming less important socially than they are. »

Et un autre résultat de recherche me fait découvrir l’origine de cette expression, un Comic Strip créé par l’auteur-illustrateur américain Arthur R. « Pop » Momand (2), publié entre 1913 et 1938 (quand même !) dans The New York Globe.

La B.D. narre les aventures de la famille McGinis, le père – Aloysius – la mère – Clarice – et leur fille Julie, qui font tout pour être « à la hauteur » de la réussite sociale de leurs voisins, les Jones, voisins qu’on ne voit à aucun moment dans la saga. « Keeping up with the Joneses » était, déjà à l’époque, un fait de société : un mari plus reconnu socialement, une femme plus élégante, des enfants qui réussissent mieux à l’école… ça fait toute la différence, non ? Dans l’extrait ci-dessous, en l’occurence, c’est Clarice qui veut « relooker » Aloysius pour montrer à cette pimbêche de Madame Jones que son mari aussi peut porter élégamment des chaussettes roses, des gants jaune citron et un chapeau mou !


Le Comics de Arthur R. « Pop » Momand a été adapté par Gaumont en 1915-1916. Ici, en image : (regardez jusqu’à la fin pour voir la morale de l’histoire !)

(1) : Termium : https://www.btb.termiumplus.gc.ca/
(2) https://en.wikipedia.org/wiki/Keeping_Up_with_the_Joneses_(comics)

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